lundi 6 août 2012

Parfois les Fiz se trouvent au Paradis !


Extraits de compte-rendu de Pô sur son p'tit tour des Fiz....légèrement plus au sud que prévu, et légèrement plus alpin ! 
La totalité du texte est lisible ici.

"Le p'tit tour des Fiz -je me répète- c'était ma petite madeleine de Proust, le trail qui m'a permis de découvrir -et aimer !- cette discipline l'an dernier. Cette année, la madeleine avait un goût amer, avant même de l'avoir avalée ! [...] l'envie n'est plus là, la fatigue, si. Je ne peux pas courir à cause de la cheville. Le faire en marchant me frustre d’avance ! Bref, la tête basse, je préfère annuler, malgré le soutien de mes amis-parieurs. Frustration ! Et soyons honnête : soulagement aussi ! Je vais profiter de ce week-end du Tour des Fiz pour me REPOSER !
Et préparer mon coup en douce… 
Même si je ne peux pas courir, j’ai besoin d’aller en montagne. Donc l’idée de faire une course de haute montagne longue et simple, du genre à mettre le pied devant l’autre pendant des heures sans se faire de nœud au cerveau, m’attire... Ze James Kaler, sentant le truc (il a un sixième sens), me propose alors de tenter l’ascension du Gran Paradiso en mode « eco ». C’est-à-dire en partant du fond de vallée, sans s’arrêter pour la sacro-sainte nuit au refuge, un aller-retour sans escale, en somme. 
PARFAIT ! [...] Au programme des réjouissances : environ 2000m de dénivelé, du sentier qui roule, de la moraine qui roule moins, du glacier tout blanc, une p’tite arête en rocher, un bisou à la Vierge… Alléchant, non ? [...]
Mardi 31 Juillet [...] 2h28, 1900m : baskets aux pieds, c’est parti ! Il ne fait pas froid, la lune est pleine, encore cachée par les sommets. A la lueur de la frontale, je devine un plat le long d’un torrent avant une montée dans les arbres, dans le fond du vallon. Je n’ai pas demandé de détails à James, qui connaît bien l’itinéraire. Je ne veux pas savoir ce qui m’attend, je sais qu’il y a une Dame à saluer 2100m plus haut, cela me suffit ! [...] 4h, 2700m : les lumières du refuge Vittorio Emanuel apparaissent au détour d’un virage. La lune est toujours là, pleine, rousse, nous montrant le chemin [...] Changement de tenue : pantalon et grosses, le sentier se faisant plus accidenté au-dessus du refuge. 4h30 : On repart, les premiers… [...] Premier coup de mou sur la moraine. Le vent souffle légèrement, je commence à grelotter, j’essaie d’accélérer… bof… Tant pis, je serre les dents. [...] Transformation alpiniste : baudrier, crampons, piolet….et surtout doudoune, veste, moufles en duvet. Je suis gelée ! [...] Premiers pas sur le glacier. Bon regel nocturne. La trace est nickel. [...] Dernier raidillon, en mode « Je n’ai toujours pas de rythme ! », une traversée ascendante puis le rocher ! Mon élément préféré ! Je vais enfin pouvoir faire quelque chose de ces trucs qui pendent au bout des bras : mes mains ! Progression rapide jusqu’au fameux passage des 3 spits. Il y a certes du vide mais une immense marche pour les pieds et des trucs à tirer pour les mains (ndlr : j’avais les moufles et les crampons). [...]
9h : Je crois qu’on peut dire SUMMIT ! Clic-clac, la photo souvenir avec la bienfaitrice des lieux ! Voilà, j’ai gravi mon 1er sommet en mode Eco ! Heureuse ! Merci James et Merci la montagne ! Que c’est bon !
[...] Enfin, nous prenons pied de nouveau sur la neige. Le sommet, la foule sont derrière nous. Joie ! Je ne ressens pas trop de fatigue. Heureusement ! Car il me reste à encaisser 2100m de descente, la partie n’est pas terminée ! Et, en plus, on est joueurs, on en redemande… On file plus bas sur le glacier, dorénavant inondé de soleil. Il fait chaud tout d’un coup ! La trace est excellente, la descente est rapide. Histoire de profiter au maximum du glacier, James propose de descendre par Chabod. Pas bête et ça nous fera voir du pays ! Le glacier est ensuite étrange, amalgame de glace, de rochers, de langues de neige….et des crevasses… [...] Les crampons retournent enfin au fond du sac quand nous posons le pied sur la moraine. Longue moraine ! Du vert apparaît sur le bord du chemin, un torrent issu du glacier sonorise les lieux… Le terrain se fait plus doux sous le pied. Petit arrêt cryo-thérapeutique, il est temps de retrouver nos tenues de « runners ». 2700m, à hauteur de Chabod, ultime transformation de la journée ! L’impression d’être nu-pied dans mes baskets après 6h passées dans les grosses. Je réalise à peine que tout ce qui vient de se dérouler dans une seule et même journée… Que dis-je ? En même pas 10 heures ? Phénoménale ! Et, de plus, la dégustation n’est pas terminée. Le dessert, c’est environ 1000m de dénivelé pour rejoindre le parking de Pravieux…sur un sentier qui virevolte sans cesse ! L’art de faire des lacets poussé à son paroxysme ! [...]
13h et une quarantaine de minutes à la montre, cela fait environ 11h que nous évoluons dans cette environnement magnifique, je rejoins James, assis sur un rocher, entrain d’observer de la marmotte bien grasse. 
Nous sommes à Pravieux, fin du voyage  « Eco Paradiso ». 
Bonheur

Merci à mes amis-parieurs ! Namasté !
Pô" 

samedi 4 août 2012

L'aventure Alinesque du 28 Juillet 2012


Compte-rendu de l'Iron Woman Leman solo d'Aline...c'est beau ! Merci Aline !

"Il est 4h du mat. Nuit certes courte, mais je me sens prête et reposée. Mon téléphone sonne… c’est Pierre qui va m’accompagner avec son bateau pour la traversée du lac :
« Je suis en train de débâcher le bateau. Il y a un fort vent et il commence à pleuvoir, qu’est-ce qu’on fait ? » 
4h30, Manu passe me prendre à moto ; l’aventure commence, en route pour Nernier.
5h du mat. On se retrouve au port avec Pierre, Nicole et Manu qui seront dans le bateau, Philippe G qui nous ouvrira la route en canoë et Eric qui va braver le lac avec moi à la nage. C’est beau l’Amitié ! Il fait nuit. Chacun me confirme que je suis complètement givrée! On se regarde tous ; il n’y a plus l’ombre d’un doute : ON Y VA !
C’est parti. Philippe vise tant bien que mal la presqu’île de Promenthoux, mais il fait noir et le courant est fort. Malgré notre intention à tous d’aller en ligne droite à notre objectif, nous effectuerons une trajectoire de 5,5 km au lieu d’une belle ligne droite de 4,2 km (ce qui était prévu). C’est la vie ; ça fait partie du jeu.Le lever du soleil est royal, l’atmosphère est magique, ça prendra simplement plus de temps. J’ai trouvé mon rythme, je me sens super bien entourée. Finalement j’ai plus de temps pour réaliser que je suis en train de traverser le lac… c’est  pas tous les jours ! La traversée prendra près de 2h30, soit 1 heure de plus que prévu. Malgré une température plus qu’acceptable du lac à 22°, Eric et moi arrivons tout de même à la plage de Promenthoux en hypothermie (désolée Eric, je sais que tu aurais pu aller plus vite !). Mes lèvres sont bleues, je claque des dents, mais heureusement les amis et la famille sont là pour me réchauffer le cœur et Manfred, le gérant de la plage, s’est levé pour m’ouvrir le local de la douche chaude ! Oui, c’est un peu triché, je suis d’accord, mais je suis là pour me faire plaisir, alors tout est permis ! J’ai en tout cas appris une chose avec cette traversée : L’eau du lac est un puissant laxatif. Quelques gorgées suffisent, qu’on se le dise ! Vidange à l’arrivée. Heureusement, je parviens à me ravitailler correctement. (Merci maman pour la soupe aux lettres !). A ce moment-là, je ne sais pas encore que, de loin, le plus dur est fait.
Il est temps maintenant d’enfourcher mon vélo. Philippe B. (qui me suivra sur tout le tour du lac en voiture avec Manu) m’a minutieusement tout préparé, comme convenu : casque, chaussures, ravito… et ma jupette à pois bien sûr ! Florence, une collègue de travail, m’a fait la surprise de venir avec son mari. Ils feront la route avec moi jusqu’à Montreux. Un vrai cadeau. En 5 minutes, je suis réchauffée. Peu à peu une sensation de facilité s’installe et elle ne me quittera plus. Je ne sais pas ce que ça fait d’être dopée, mais je peux vous dire que le pain d’épices maison et les émotions au bord du chemin c’est en tout cas aussi efficace et sans effets secondaires ! Nous arrivons sans tarder en contrebas d’Ecublens où Jean Groux (le grand-père de ma cousine) nous attend avec du thé au miel à la parfaite température. Jean est un personnage. Sa présence sur mon chemin me remplit d’une paisible énergie. Florence, Gilles et moi nous remettons en selle. René nous prend au vol devant l’EPFL. J’ai rencontré René il y a environ 2 mois, on the road, en faisant le tour du lac à vélo en entraînement. Au fil du chemin, je lui avais raconté mon projet d’Iron Woman. Il a lui-même fait partie du comité d’organisation de l’Iron Léman (Iron Man en partance de Lausanne, originellement pour les étudiants de l’EPFL), une épreuve déconventionnée comme la mienne. Mon projet lui a donc vite parlé et c’est ainsi qu’il m’a, dans un second temps, proposé de m’accompagner de Lausanne à Promenthoux le Jour J. Avec René, le rythme s’accélère. Ça me convient bien, je suis tout à fait remise de mon hypothermie et me sens prête à attaquer un peu. Nous roulons ainsi jusqu’à Clarens où tout un staff ravitaillement nous attend ! Il y a mon parrain, ma marraine, mon oncle, ma tante, mon petit filleul et ses parents. Un accueil  plein de réconfort. Une bière sans alcool pour me réhydrater et surtout, surtout, le gâteau aux noix maison de ma tante. Je suis gonflée à bloc ! Quelques câlins, beaucoup d’émotion et je me remets en route avec René. Pendant la traversée de Montreux, j’aperçois des gens au bord de la route qui crient mon nom… Mais oui ! Ce sont mes voisins de Champel ! Cette apparition aussi touchante qu’inattendue me dope encore un peu plus. Ils feront un joli p’tit bout de route avec nous. Le ciel s’alourdit. Nous avons évité la pluie jusqu’à maintenant, mais cette fois-ci, on sait qu’on va y avoir droit… Il commence à pleuviner à Evian, puis la pluie s’intensifie méchamment à notre arrivée à Thonon. Je propose à René de nous arrêter pour mettre un k-way. C’est tellement confortable d’avoir 2 beaux gars qui nous suivent en voiture avec tout ce qu’il faut dedans! (trop forts les gars !) On en profite pour se faire un ravito de luxe : viande séchée, pain d’épice à discrétion… Il pleut, mais ce n’est même pas grave. On a un bon rythme, ça roule facile. Nous apercevons bientôt Greg (un collègue, ami et compagnon de course à pied) sur son tout beau vélo. Il nous accompagnera jusqu’à Versoix. La traversée de Genève a été beaucoup plus fluide que ce que l’on avait imaginé. Faut dire que René, avec le franc-parlé de son sifflet, a su disperser les foules tout au long du parcours ! René et moi bouclons le tour du lac en moins de 6 heures (sans compter les ravitos qui ont agréablement traînés !). Grande satisfaction.
Retour donc à la plage de Promenthoux où Richard (triathlète émérite, partiellement coupé dans son élan par un accident) et sa femme m’attendent avec leur soutien et leurs encouragements sans faille. Beau moment de partage. Philippe B et Manu sont comme toujours fidèles au RDV. Philippe embarque mon vélo dans sa voiture et Manu se prépare pour prendre le départ du marathon à mes côtés. Il le fera en entier avec moi. Merci. Précieux soutien. A partir de là, tout s’enchaîne à merveille (si ce n’est une transition un peu difficile pour mon système digestif, mais rien de bien méchant et de courte durée. Je réalise que le plus difficile pour moi dans cet effort de longue durée ce sont les transitions. Mon système digestif a eu besoin d’un petit temps d’adaptation à chaque changement de discipline). Plein d’apparitions surprises sur le chemin qui se mêlent et se succèdent. Geneviève, Christian, Bettina, Bernard, votre présence a été un cadeau. Le temps a passé si vite. Comme si cette aventure était suspendue, hors de toute contrainte, de tout stress et de toute échéance. La météo est clémente. Le soleil réapparaît. Le parcours (qui n’est autre que le Chemin de Compostelle) surplombe magnifiquement le lac. La température est idéale. Manu et moi abordons la ville de Genève entre 18h et 19h. Curieuse impression que de fouler des endroits si familiers au terme d’une telle aventure. C’est comme si exploit, simplicité, effort, normalité, défi, banalité, tout ceci s’imbriquait naturellement et que finalement, peu importe ! On est là où on est, dans l’instant présent, au milieu de la foule, respectant le contexte de chacun, et c’est juste bon. Jardin Botanique, Perle du Lac, Bains des Pâquis, Pont des Bergues, Bourg-de-Four… Parc Bertrand ! Ce sera le lieu d’arrivée, mais pour l’instant je viens juste attraper au vol ceux qui souhaitent courir les 8 derniers kilomètres de ce périple avec moi. Philippe G, le canoéiste du matin et Philippe B, l’accompagnateur de l’ombre Ô combien valeureux de la journée entière se joignent au petit peloton. Il me reste à effectuer une mission : Allez dire bonjour à quelques uns des patients avec qui je travaille à l’Hôpital de Beau-Séjour. Quand nous arrivons dans la cour, ils sont là. Séquence émotion. Leur énergie me transporte par-delà les méandres de l’Arve. La sublime luminosité de cette fin de journée est remplie d’un silence qui en dit long. Je parviens à me payer le luxe de savourer les derniers kilomètres, car aucune douleur, ni entrave vient me parasiter. Mon esprit est libre, mon corps délié et cette sensation me laisse de la place pour avoir de profondes pensées pour mes amis qui n’ont pas pu être présents physiquement aujourd’hui.
Il est à peine 20h, ça fait 4h30 qu’on coure ; Bon ben, y’a plus qu’à franchir la ligne d’arrivée. 
Elle est juste là.
Devant chez moi…
Mes amis aussi sont bel et bien là.
Le respect plane sur l’arrivée. 
Pas de brouhaha inutile. 
Un accueil que je perçois comme doux et noble (ça tombe bien, c’est la signification de mon prénom). Merci Valérie d’avoir réuni tous les bons ingrédients (et pas seulement dans ton « The Cake » et ton huile de massage!) pour faire de cette arrivée un lieu si paisible.

Et merci, merci à tous de m’avoir portée, soutenue, accompagnée ou parfois déstabilisée par vos questionnements dans la réalisation d’un de mes rêves…

Le moment est simplement intense ou non, plutôt intensément simple.

Aline"